En
laissant tomber leurs jupes dimanche, les Class
America de cette 32e America’s Cup ont dévoilé
au grand jour quelques uns des secrets jalousement
préservés depuis des mois. Contrairement
aux précédentes éditions,
toutes les équipes devront cette fois présenter
ce qui se cache sous la ligne de flottaison de
leurs bateaux. Lors de la dernière America’s
Cup à Auckland, seuls les finalistes de
la Louis Vuitton Cup et le Defender étaient
tenus de révéler leurs « dessous
». Team New Zealand, avec sa Hula, avait
alors volé la vedette à Alinghi
et à BMW Oracle pour son approche innovante
dans l’exploitation des règles sur
la conception des appendices.
Mais
alors que l’Unveiling mettait fin à
des mois de spéculation sur la raison qui
pouvait bien pousser les Kiwis à conserver
leur jupe pendant le remorquage du quai à
la zone de course, le simple fait de révéler
enfin le secret suscitait d’avantage de
questions qu’il n’offrait de réponses.
En quoi la Hula pourrait elle améliorer
les performances ? Comment avait-elle exploité
les règles de jauge ? Serait-elle vraiment
efficace ?
Compte
tenu des importants problèmes structurels
du bateau pendant les épreuves, personne,
pas même l’équipe néo-zélandaise,
n’a jamais pu répondre à cette
dernière question.
D’autres
innovations architecturales dans l’histoire
de l’America’s Cup ont été
aussi difficiles à évaluer. En 1983,
la quille à ailettes d’Australia
II a fait couler beaucoup d’encre. De nombreux
observateurs ont alors essayé de comprendre
en quoi les ailettes et la forme inversée
de la quille pourraient améliorer les performances
du bateau. Depuis, de nombreux architectes ont
compris le principe de ce design et les quilles
à ailettes sont devenues monnaie courante
sur les voiliers de croisière comme sur
les bateaux de course.
La
moindre innovation un peu radicale attirera donc
forcément l’attention. Mais comprendre
ce qui se cache derrière ces idées
novatrices promet d’être aussi difficile
qu’avant. Pour beaucoup, le caractère
plus abouti de cette cinquième version
de la jauge ne laissera pas ou peu de place à
des tentatives architecturales très radicales.
Les observateurs devront sans doute y regarder
de plus près pour découvrir les
moindres variations dans la forme des coques et
le positionnement des appendices, et comprendre
l’approche technique de chaque équipe.
Source
: www.americascup.com