Le
Defender de l’America’s Cup s’est bien ressaisi
en remportant les régates en flotte du Louis Vuitton Act
11, après avoir fini quatrième de l’épreuve
de match-racing lors de l’Acte 10 leur plus mauvais résultat
en 11 Actes. Leur victoire à peine acquise, les Suisses
ont baptisé leur tout nouveau SUI 91 lors d’une petite
cérémonie privée sur leur base.
Les Valencia Louis Vuitton
Acts 10 & 11 ont ouvert la saison 2006 des régates
en Class America. Ce sont les premiers Actes où chaque
équipe dispose de sa propre base au sein du tout nouveau
Port America’s Cup. Quant à la partie publique du
Port, l’America’s Cup Park, dont l’emblème
est le bâtiment Veles e Vents, elle a attiré une
foule importante pendant plus de dix jours.
Le dernier dimanche, près
de 60 000 personnes se sont rendu dans le Park, portant à
263 873 le nombre de visiteurs pendant ces deux Actes. Au total,
plus de 1 350 000 personnes ont découvert l’America’s
Cup Park depuis l’Acte 1 à Marseille en septembre
2004.
Défendre par l’attaque
Le skipper d’Alinghi,
Brad Butterworth, et son équipe étaient inatteignables
lors des régates en flotte du Louis Vuitton Act 11. Ils
ont remporté trois des cinq manches et s’imposent
avec une énorme marge de 8 points sur Luna Rossa, deuxième.
Mais Brad Butterworth reconnaît
que la victoire n’était pas aussi facile qu’elle
y paraît. « Je pense que nous étions
souvent menacés. BMW ORACLE Racing allait très bien
et Luna Rossa semble avoir le plus progressé de ce groupe.
»
Après la première
manche du vendredi, rien n’indiquait pourtant qu’Alinghi
s’imposerait de la sorte. Cette première régate
a été remportée par Victory Challenge qui
avait embarqué en 18e homme un invité de marque
en la personne du Baron Sebastian Coe. De son côté,
Alinghi ne terminait qu’à la sixième place,
ce qui allait être sa plus mauvaise place.
Dès la seconde manche
du jour, Alinghi redressait la barre en remportant la première
de leur trois victoires, et se hissait déjà en tête
du classement provisoire. Derrière suivaient Victory Challenge
et les surprenants Sud-Africains de Shosholoza, très réguliers
avec deux places de cinquième.
« Le bateau
marche très bien, reconnaissait Ian Ainslie, membre de
la cellule arrière de Shosholoza. Tommaso Chieffi et Dee
Smith ont fait du super boulot avec deux cinquièmes places
– nous serions ravis de rester à cette position.
»
A l’opposée, BMW
ORACLE Racing terminait à une décevante 10e place
au classement provisoire. Quant à Luna Rossa, leur septième
place ne leur convenait pas plus.
Le samedi après-midi,
journée la plus ventée de la quinzaine, Alinghi
a retrouvé ses bonnes habitudes en remportant la première
manche du jour, suivi de près par Emirates Team New Zealand.
Pour la première fois de cet Acte, les quatre meilleures
équipes se retrouvaient aux quatre premières places.
L’autre équipe
en forme de ces régates en flotte était Mascalzone
Latino – Capitalia Team qui a terminé ces deux manches
de samedi dans les cinq premiers. Avec sa belle deuxième
place de vendredi, l’équipe italienne pointait en
quatrième position après quatre manches.
« J’ai
toujours su que nous allions progresser, mais personne ne nous
croyait », s’amusait le samedi soir
Vasco Vascotto, le skipper.
Alinghi impérial
Le dimanche, Alinghi pouvait
se contenter d’une “modeste“ place dans les
six premiers pour remporter l’Acte 11. Mais Butterworth
et ses hommes n’ont pas levé le pied. Ils ont remporté
leur troisième manche en franchissant toutes les bouées
du parcours en tête. Derrière eux, la bataille faisait
rage pour la deuxième place au général. Emirates
Team New Zealand, deuxième de l’ultime régate
s’est retrouvé à égalité de
points avec Luna Rossa. Mais ce sont les Italiens qui se sont
classés deuxièmes grâce à leur victoire
dans la quatrième manche. Les Américains de BMW
ORACLE Racing ont sauvé leur quatrième place sur
le dernier bord dans un duel avec Mascalzone Latino – Capitalia
Team qui n’a pas réussi à contrôler
le Class America USA 87 de Chris Dickson.
Vasco Vascotto et ses “Lascars
Latins“ prennent donc la cinquième place, suivi de
Shosholoza, qui se hisse dans la première moitié
de la flotte pour la deuxième fois en trois Actes.
Les Français d’Areva
Challenge et les Italiens de +39 Challenge – qui naviguent
tous les deux avec des bateaux vieux de deux générations
– s’en sortent bien en prenant les 7e et 8e place.
La déception est grande en revanche du côté
du Desafío Español, 9e, et de Victory Challenge,10e,
malgré sa victoire initiale du vendredi. United Internet
Team Germany et China Team – qui n’a pas couru les
deux dernières manches – ferment la marche loin derrière
le gros de la flotte.
Face aux trois nouveaux bateaux
de Luna Rossa Challenge, Emirates Team New Zealand et BMW ORACLE
Racing, le “vieux“ SUI 75 s’est encore montré
très véloce, ce qui peut rassurer Alinghi à
un an de la défense de Coupe en juin 2007.
« La chose
la plus importante que nous avons apprise lors de ces deux Actes
est que les nouveaux bateaux ont des vitesses similaires dans
ce type de conditions et que nous sommes aussi dans le coup en
vitesse, a confirmé le barreur d’Alinghi, Ed Baird.
Nous sommes plutôt heureux de notre situation et du fait
que les grosses équipes ont déjà “grillé“
un de leurs nouveaux bateaux pour finalement marcher à
la même vitesse que nous. »
Le Valencia Louis Vuitton Act
12, disputé uniquement en match-racing, débutera
le 22 juin. Cela pourrait être la première apparition
de SUI 91 en action, ainsi que d’ESP 88 du Desafío
Español, et d’ITA 90 de Mascalzone Latino. |