Ernesto
Bertarelli, président du syndicat et cellule arrière
à bord d'Alinghi : " C'était
une journée vraiment bizarre. Nous avons attendu
le départ pendant deux heures et honnêtement,
le comité de course a lancé la procédure
une seconde avant l'heure limite dans des conditions qui
n'étaient pas très différentes de
deux heures auparavant : vent très instable, imprévisible…
Nous avons pris un bon départ parce que nous avons
forcé ETNZ à virer. Mais ensuite, nous avons
eu une bascule de vingt degrés ! Vous ne pouvez
pas faire grand-chose dans ces conditions. A un moment,
nous avions 400m de retard et nous sommes parvenus à
revenir, donc je pense que nous avons bien navigué.
Le bateau est très rapide, même dans le petit
temps. Aujourd'hui, c'était un peu Las Vegas. C'est
d'ailleurs pour cela que je pense que la course n'aurait
pas du être lancée, mais nous ne pouvons
pas revenir en arrière. Nous allons penser à
demain… Cet après-midi, nous avons juste
manqué de chance ".
Ernesto
Bertarelli, président du syndicat et cellule arrière
à bord d'Alinghi. Vous étiez-vous entraîné
pour ce genre de conditions ? " Oui bien
sûr. Je viens du Lac Léman où les
conditions sont un peu semblables. Mais je ne suis pas
venu dans l'America's Cup pour voir ce genre de régate.
C'est du match-race, pas de la course au large où
vous attendez simplement de voir ce que le vent va décider.
Je ne pense pas que c'est le vent qui doit décider
du résultat de la régate. Ce sont les concurrents,
selon leurs capacités. Pour lancer la course,le
vent doit être plus stable qu'il ne l'était
aujourd'hui ".
Simon
Daubney, régleur à bord d'Alinghi : "
C'était un peu de la loterie. Finalement,
notre défaite dans la deuxième manche est
plus difficile à digérer car nous aurions
pu la gagner. Celle-ci pouvait tourner à l'avantage
d'une ou de l'autre équipe. D'ailleurs nous pouvons
également dire que nous avons eu de la chance de
revenir dans le jeu après avoir été
mené de autant à la première marque.
Je ne sais pas trop quoi penser de leur choix météo.
Si leur équipe météo leur a clairement
dit que le vent allait prendre 20 degrés de droite,
alors c'est sûr que nos gars n'ont pas vu la même
chose. Peut-être que ce n'était pas de la
loterie. Peut-être que leur équipe a fait
du meilleur boulot que la notre. En tout cas, nous n'avions
pas vu que le vent oscillerait autant ".
Rodney
Ardern, wincheur à bord d'Alinghi : " Nous
voulions la gauche au départ, nous n’avons
pas viré après la ligne car nous croyions
vraiment en la gauche. Seulement, la droite s’est
avérée favorable à notre adversaire.
Aujourd’hui, les conditions étaient très
difficiles, le vent oscillait, il y a eu de gros gains
et de grosses pertes pour les deux équipages. Dans
le dernier bord également, nous croyions en la
gauche du plan d’eau et c’est passé
à gauche. Les bateaux spectateurs ne nous ont pas
gênés aujourd’hui. Il y avait déjà
beaucoup de vagues sur le plan d’eau dues aux conditions
météo."
Dean
Phipps, bastaques et piano à bord d'Alinghi : "
C’était une journée délicate
et pleine de pièges. Nous voulions la gauche au
départ et nous sommes donc contents de là
où nous étions. Nous pensons que nous avons
bien navigué mais que le comité de course
ne nous a pas permis d’avoir la régate la
plus équitable. Nous nous sommes entraînés
dans ces conditions, nous nous attendions à un
combat difficile et c’est ce que nous avons eu."
Ray
Davies, stratège à bord d'Emirates Team
New Zealand : " A la porte sous le vent,
nous voulions la gauche. Nous avions pris la décision
une minute avant d'y arriver. Le vent était alors
au 110. Mais quand nous nous sommes préparés
à empanner il a tourné au 135 et nous nous
sommes rendu compte que nous ne pourrions pas prendre
la bouée de gauche. C'est pour cela que nous n'étions
pas prêts à prendre la droite. Nous étions
plein vent arrière et pas beaucoup de place pour
manœuvrer ".
Adam
Beashel, régleur de grand voile à bord d'Emirates
Team New Zealand : " Nous avons pas mal discuté
de la force du vent avant la course et le comité
de course avait du mal à se décider pour
lancer la course. Heureusement pour nous, ils l'ont fait.
C'était passionnant pour tout le monde. Au début,
le choix portait plutôt à gauche, mais à
l'approche du départ, il n'y avait plus trop de
différence. A bord, juste avant d'entrer en pré-départ,
nous pensions qu'il y aurait une belle bascule de vent
à droite et c'est ce que nous a confirmé
l'équipe météo. Donc nous voulions
vraiment la droite et Deano (Dean Barker) a très
bien joué pour prendre ce côté. Nous
étions moins rapides mais nous espérions
que la bascule viendrait rapidement et c'est ce qui s'est
passé ".
Adam Beashel, régleur de grand voile à bord
d'Emirates Team New Zealand : " Ensuite,
c'est devenu plus difficile à suivre, mais Ray,
Terry et tout le monde à bord ont fait du bon boulot
pour garder une vitesse convenable dans ce vent faiblissant.
Nous avons également repéré un peu
plus de pression sur la gauche du plan d'eau et lorsque
l'on regarde les statistiques, on voit en effet que le
vent a tendance à prendre de la gauche en fin de
journée. Cela a donc bien fonctionné pour
nous ".
.