Cette
dernière saison de compétition avant les épreuves
fatidiques de 2007 a vu la montée en puissance de
la plupart des équipes, en fin de rodage après
deux années de préparation. Emirates Team
New Zealand remporte le 2006 Louis Vuitton ACC Championship
mais trois syndicats se sont partagés les victoires
des trois Actes. Juste derrière, la division 2 a
renforcé considérablement son niveau en compétition.
A terre,
le Port America’s Cup a pris sa forme définitive
pour devenir le véritable centre névralgique
de la Coupe. Le public a pu découvrir le bâtiment
Veles e Vent, érigé à l’entrée
du canal qui relie le Port au plan d’eau, ainsi que
la nouvelle exposition de maquettes des 30 Defenders de
la Coupe. Mais aussi assister aux régates (et aux
matchs de foot le soir !) devant l’écran géant
de l’America’s Cup Park. Les multiples bars
et restaurants ont été très animés
pendant ces 15 derniers jours de compétition. 470
612 visiteurs ont été comptabilisés
pendant cette saison 2006 ce qui monte à 1 574 566
le nombre de personnes ayant visité la 32e America’s
Cup depuis l’Acte 1 en 2004.
Emirates
Team New Zealand remporte l’Acte 12 et le 2006 Louis
Vuitton ACC Championship
Pour la deuxième fois depuis le lancement de la 32e
America’s Cup, les Kiwis sont sacrés champions
de la saison. En 2006, ils ont remporté 86% de leurs
matchs (soit 24 victoires sur 28 régates disputées)
devançant ainsi leur éternels adversaires
Alinghi, BMW ORACLE Racing et Luna Rossa Challenge, toujours
très proches en point. Il faut dire que les Néo-zélandais,
qui ont beaucoup navigué cet hiver dans l’hémisphère
sud pour tester NZL 84, étaient certainement les
mieux préparés pour lancer leur nouveau bateau
en régate. Bien né, NZL 84 a attiré
l’attention des observateurs dès les Actes
10 et 11, sans que les kiwis ne parviennent à concrétiser
sportivement. Dean Barker et son équipe ont bien
analysé leurs erreurs et se sont concentrés
ensuite sur le travail de l’équipage en navigation
et la cohésion du groupe. Des efforts récompensés
dans l’Acte 12 où les kiwis ont remporté
tous leurs matchs en round robin, montrant leur supériorité
dans tous les compartiments du jeu : départ, tactique,
vitesse.
Le
Defender vainqueur des régates en flotte du Louis
Vuitton Act 11 et 2e de la saison.
Alinghi a baptisé sa nouvelle monture le 21 mai dernier,
mais n’a pas souhaité utiliser SUI 91 en compétition
pour ne pas dévoiler sa nouvelle arme à la
concurrence. Le Defender s’est donc retrouvé
en position d’observateur à bord de SUI 75,
son Class America datant de 2002, qui s’était
montré jusque là supérieur à
ses congénères. Si la différence de
performance entre ancienne et nouvelle génération
n’a pas été flagrante au début
(Acte 10 et 11), l’Acte 12 a révélé
la valeur des derniers nés de la classe. Les Suisses
en ont fait les frais en finale face à Emirates Team
New Zealand. L’équipe, également battue
par Victory Challenge pendant le round robin, a réalisé
qu’avec un bateau ancien, la moindre erreur en navigation
se payait cash.
BMW
ORACLE Racing vainqueur du Louis Vuitton Act 10, 3e de la
saison.
Les Américains ont été l’équipe
forte du début de saison. A bord de leur nouveau
USA 87, ils ont remporté l’épreuve de
match racing (Acte 10) qui ouvrait les compétitions
de 2006. Ils s’y sont montrés sûrs d’eux,
confiants dans leur navigation et dans leurs choix stratégique…
une impression qui n’a pas été aussi
forte lors du Louis Vuitton Act 12. Ils ne perdent pourtant
qu’une régate en round robin (contre les kiwis)
et se retrouvent en petite finale face à Luna Rossa
Challenge. Leur confrontation n’a duré que
le temps d’un bord de près. En plein duel de
virements, les deux bateaux sont entrés en collision.
USA 87 brise son bout dehors en percutant (et en enfonçant)
l’arrière de la coque d’ITA 86. Le jury
attribuera la faute aux Italiens, donnant au passage un
point supplémentaire aux Américains qui remportent
donc la petite finale.
Luna
Rossa Challenge régulier
Francesco de Angelis et son équipe ont eux aussi
inauguré leur nouveau bateau en compétition
et ont tout de suite donné le ton. Très réguliers,
ils terminent deuxièmes des Actes 10 et 11. Le quintuple
médaillé olympique Torben Grael, fraîchement
revenu de sa Volvo Ocean Race est venu enrichir la cellule
arrière d’ITA 86 et a réalisé
quelques jolis coups stratégiques pendant le Louis
Vuitton Act 12. L’incident survenu pendant les phases
finales contre BMW ORACLE Racing (collision) leur enlève
tout espoir de briller au classement. Luna Rossa Challenge
termine 4e de la saison… un résultats identique
à 2005.
Mascalzone
Latino-Capitalia Team : la petite équipe qui monte
Neuvième l’année dernière au
classement de la saison, le ‘lascars latins’
font un bond dans la hiérarchie. Les voilà
désormais 5e, leaders de la deuxième division.
Cette année, l’équipage italien skippé
par Vasco Vascotto a augmenté son niveau de jeu en
régate, aidé par le match racer danois Jes
Graham Hansen qui prend la barre dans les pré-départs.
Le bateau rouge remporte ainsi 50% de ses matchs. Mascalzone
Latino-Capitalia Team a réceptionné son nouveau
Class America (ITA 90) pendant les compétitions et
devrait commencer les campagnes de test prochainement.
Le
Desafío Español 2007 toujours dans le coup
Le challenger local reste une référence solide
de la deuxième division. Cinquième cette année
dans les deux épreuves de match racing (Louis Vuitton
Acts 10 et 12), il cède sa place à Mascalzone
Latino sur l’ensemble de la saison à cause
de ses piètres performances en flotte (9e). Ces derniers
mois, les Espagnols se sont concentrés sur la construction
et la mise au point de leur nouveau ACC, ESP 88. Après
deux semaines de tests à Valencia, ils ont pris la
décision risquée de régater à
son bord pendant l’Acte 12. Un baptême réussi
même si le Class America espagnol n’a pas encore
atteint sa maturité.
Team
Shosholoza : des progrès impressionnants
Team Shosholoza a enrichi sa cellule arrière avec
l’arrivée du tandem italien Tommaso Chieffi
- Paolo Cian et du skipper Sud-africain Mark Sadler. Ces
changements se sont tout de suite révélés
bénéfiques pour l’équipage qui
s’est montré plus incisif dans les départs
et plus combatif qu’auparavant. En un an, Shosholoza
a réussi une superbe ascension en passant de la 11e
à la 7e place au classement. Les Sud-africains sont
parvenus à faire progresser RSA 83 (premier ACC de
la nouvelle génération, qu’ils ont utilisé
dès l’Acte 4 en 2005) et maîtrisent de
mieux en mieux leur bateau. Lors du Louis Vuitton Act 12,
leurs progrès ont été récompensés
par une sélection dans la division 2 pour les phases
finales.
Victory
Challenge tombeur d’Alinghi
Les Suédois ont énormément travaillé
l’hiver dernier pour modifier leurs bateaux. Ils ont
aussi connu quelques difficultés financières
qui ont eu pour effet de ralentir leur projet. D’où
une performance moins brillante qu’en 2005 : ils passent
de la 6e à la 8e place au classement de la saison.
En retrait dans le petit temps au début du Louis
Vuitton Act 12, Magnus Holmberg et son équipage ont
commencé à reprendre des couleurs lorsque
le vent est monté sur le plan d’eau de Valencia.
Deux événements ont marqué leur compétition
: l’arrivée d’un nouveau partenaire et
la sublime victoire, le 25 juin, contre le Defender Alinghi.
Leur nouveau Class America, actuellement en construction,
devrait commencer à naviguer avant l’hiver.
Areva
Challenge en pleine relance
Le syndicat français a connu cette année quelques
difficultés financières qui ont eu des répercussions
sur leur degré de leur préparation. Les voilà
rassurés avec l’arrivée de leur partenaire
titre Areva. FRA 60 a été modifié à
bon escient entre les Actes 11 et 12 et a gagné en
compétitivité. Mais l’équipage,
en déficit d’entraînement, a eu du mal
à s’imposer dans quelques matchs décisifs
de l’Acte 12. Ils remportent néanmoins la mise
dans la troisième division et se classent 9e de la
saison (ils étaient 7e en 2005). Aujourd’hui,
Thierry Peponnet et ses hommes ont le regard tourné
vers leur nouveau Class America, actuellement en construction.
L’équipage a également fait l’acquisition
de deux monotypes de 40 pieds pour affûter sa technique
en match racing.
+39
Challenge dans l’expectative
A l’image des Français d’Areva Challenge,
le challenger italien navigue sur le plus vieux bateau de
la flotte. Iain Percy et son équipe ont donc souffert
cette saison d’un déficit de vitesse flagrant
et ont été victimes de plusieurs avaries compromettant
quelques-uns de leurs matchs. Ils terminent 10e de la saison,
deux places de moins qu’en 2005. Concentrés
cet hiver sur la construction de leur nouveau bateau, ils
se sont peu entraînés. ITA 85, arrivé
à Valencia pendant l’Acte 12, devrait commencer
les campagnes de test au mois d’août prochain.
United
Internet Team Germany… dans l’attente de GER
89
Les Allemands se sont focalisés d’un côté
sur la construction de leur bateau et de l’autre sur
le travail de l’équipage, qui s’est beaucoup
entraîné cet hiver à Valencia. Malheureusement,
leurs efforts n’ont pas été récompensés
(ils terminent 11e de tous les Actes et 11e de la saison).
Jesper Bank et son équipe ont été impuissants
à bord de leur ancien bateau décidemment trop
lent. Leur seul objectif est désormais de se tourner
vers leur nouveau Class America GER 89 pour l’instant
basé à Kiel. Les premiers entraînements
à Valencia auront lieu au mois d’août.
China
Team…de nouveaux navigants chinois
A l’instar de l’équipage allemand, China
Team a été dépassé par tous
les autres challengers. Armé d’un FRA 79 très
peu compétitif, équipé d’un matériel
vieillissant et parfois défaillant, le challenger
chinois, animé par les Français du Défi,
n’a pas remporté un seul match cette année
et termine logiquement en bas du classement. Derrière
ce piètre résultat, il y a néanmoins
des actions positives : la campagne de détection
et le recrutement cet hiver de nouvelles recrues chinoises
(5 navigants étaient à bord lors de l’Acte
12) et la recherche d’un site pour construire le seul
et unique Class America jamais réalisé en
Chine (cette construction devrait être lancée
sous peu). Sur l’eau enfin, l’équipe
progresse peu à peu avec quelques jolis départs
à son actif.
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